novembre 3, 2026
depuis 2022, la loi anti-gaspillage encadre certains goodies. découvrez les produits concernés, les interdictions et les alternatives plus responsables.

Goodies et loi anti-gaspillage : ce qui est interdit depuis 2022

Depuis 2022, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire impose de nouvelles règles aux entreprises qui fabriquent, achètent ou distribuent des objets promotionnels. Elle ne prohibe pas indistinctement tous les goodies ni tous les plastiques : elle encadre des produits, des emballages et des pratiques précises, tout en renforçant la responsabilité liée aux invendus non alimentaires. Pour les services marketing et achats, l’enjeu est donc de vérifier chaque étape, du choix de l’objet à son devenir après l’événement.

Un stylo distribué en salon, un textile offert à des clients ou une batterie externe commandée en grande quantité n’ont pas les mêmes obligations. Comprendre cette différence permet d’éviter les erreurs de conformité et de construire des campagnes plus sobres, fondées sur la durabilité, le réemploi et une consommation responsable.

En bref

  • La loi AGEC ne crée pas une interdiction générale de tous les goodies en plastique, mais plusieurs mesures ciblent les produits jetables et certains emballages.
  • Depuis le 1er janvier 2022, les invendus non alimentaires concernés ne peuvent plus être détruits lorsqu’ils peuvent être réemployés, réutilisés ou recyclés selon les règles applicables.
  • Les obligations de tri et d’étiquetage dépendent de la catégorie de produit et de son emballage.
  • Un objet de mauvaise qualité peut générer des coûts de traitement, des déchets et un risque réputationnel ; la durabilité mérite donc d’être évaluée avant le prix unitaire.
  • Les goodies écoresponsables reposent sur des choix vérifiables : usage réel, matériaux adaptés, emballages durables et communication environnementale justifiée.

Goodies et loi AGEC : distinguer les interdictions réellement applicables

La loi AGEC, adoptée en 2020, vise à réduire le gaspillage et à faire évoluer le modèle linéaire « produire, utiliser, jeter » vers davantage de prévention, de réemploi et de recyclage. Pour les entreprises, son application aux objets promotionnels ne se résume pas à remplacer chaque article en plastique par un équivalent en papier. Les obligations varient selon la nature du produit, son usage, son emballage et la filière de responsabilité élargie du producteur à laquelle il appartient.

L’expression « interdiction des goodies jetables » résume une orientation de fond, mais ne désigne pas une interdiction juridique unique qui rendrait illégal tout objet publicitaire de courte durée. Certaines règles interdisent ou limitent des produits en plastique à usage unique, notamment dans des catégories précisément définies. Il faut donc vérifier si le produit envisagé entre dans une catégorie visée par une interdiction particulière, plutôt que de se fier à une formule générale ou à la promesse d’un fournisseur.

Imaginons une entreprise fictive, Atelier Nova, qui prépare un salon professionnel. Elle envisage des accessoires distribués par milliers : pailles, gobelets, stylos et petits gadgets. Pour les articles relevant d’une interdiction spécifique, le simple fait d’y apposer un logo ne crée aucune dérogation. Pour les autres, la question devient celle de la pertinence de l’objet, de sa durée de vie et de son conditionnement. Un stylo solide utilisé pendant plusieurs mois n’a pas le même profil qu’un gadget fragile abandonné après quelques heures.

Le plastique à usage unique : raisonner par catégorie

La présence de plastique ne suffit pas, à elle seule, à déterminer la conformité. Certains objets en plastique peuvent rester autorisés selon leur catégorie et leur usage, tandis que des produits précis sont interdits ou soumis à des restrictions. Les emballages font également l’objet de dispositions propres, dont le calendrier peut évoluer. Avant de commander, l’équipe doit donc demander au fournisseur la désignation exacte du produit, sa composition et les règles applicables à son conditionnement.

Cette vérification évite deux erreurs opposées : croire qu’un article est automatiquement conforme parce qu’il est présenté comme « recyclable », ou écarter tout matériau plastique sans examiner l’usage réel et les exigences réglementaires. Le caractère recyclable annoncé ne suffit pas à prouver qu’un objet sera effectivement collecté et recyclé dans les conditions locales. La réduction des déchets commence souvent par une décision plus simple : ne pas produire l’objet dont le public n’a pas besoin.

Pour Atelier Nova, la première mesure consiste à réduire le nombre de références et à privilégier des articles utiles, réparables ou réutilisables. La seconde est de faire confirmer par écrit la conformité du produit et de son emballage. La règle pratique est de vérifier la catégorie réglementaire avant de discuter du matériau ou du marquage.

depuis 2022, la loi anti-gaspillage interdit certains goodies en plastique à usage unique. découvrez les règles à connaître pour choisir des objets promotionnels conformes.

Invendus non alimentaires : ce que la loi interdit de détruire depuis 2022

Depuis le 1er janvier 2022, la loi AGEC encadre la destruction des invendus non alimentaires concernés. La mesure vise à éviter que des produits neufs soient éliminés alors qu’ils peuvent connaître une seconde vie. Elle concerne les producteurs, importateurs et distributeurs selon leur rôle et les catégories de produits visées ; les objets promotionnels ne sont pas automatiquement exclus du seul fait qu’ils portent un logo ou qu’ils étaient destinés à une campagne marketing.

Lorsqu’un lot d’objets commandés pour un événement reste en stock, l’entreprise doit examiner les solutions permises et pertinentes au lieu de le détruire par défaut. Selon les caractéristiques des produits, il peut s’agir d’un réemploi, d’une réutilisation ou d’un recyclage. Le don peut être une voie adaptée lorsque les articles sont utilisables et qu’un organisme peut réellement les distribuer. Pour des produits impropres à l’usage, la filière de traitement doit être déterminée selon leur nature, notamment lorsqu’ils relèvent des déchets électriques et électroniques.

Atelier Nova commande, par exemple, 2 000 sacs en tissu pour une opération finalement annulée. Les cartons non ouverts ne doivent pas être considérés d’emblée comme des déchets. L’entreprise peut rechercher une prochaine campagne où le produit reste pertinent, organiser un don documenté ou mobiliser une filière de valorisation adaptée. La décision dépend aussi de l’état des articles, de leur sécurité et de la possibilité de les réemployer sans induire le public en erreur.

Organiser le tri et conserver des preuves

Une gestion robuste commence avant l’achat. Les volumes prévisionnels, les seuils de réassort et les modalités d’annulation peuvent limiter le risque de surplus. Si des invendus apparaissent, il faut les identifier par lot, noter leur quantité, leur état et leur nature, puis consigner le débouché retenu. Cette traçabilité aide à démontrer que l’entreprise a recherché une solution conforme plutôt qu’une élimination immédiate.

Pour les textiles, les accessoires, les produits électriques ou les fournitures de bureau, les possibilités de réemploi ne sont pas identiques. Un vêtement encore neuf peut parfois être donné ou vendu dans un circuit adapté ; un chargeur défectueux ne doit pas être redistribué sans contrôle de sécurité. Les obligations précises dépendent notamment de la catégorie juridique du bien et de la réglementation applicable à la filière. En cas de doute, il faut vérifier les textes et les consignes de l’éco-organisme concerné.

Le coût d’un produit ne se limite donc pas à son prix d’achat. Il faut intégrer le stockage, le tri, la logistique de don et le traitement de fin de vie, en particulier pour les lots inutilisables. Anticiper les invendus est à la fois une mesure de conformité et une façon de mieux maîtriser les dépenses.

Cette gestion des stocks ne suffit toutefois pas : les informations de tri et les affirmations environnementales apposées sur les produits doivent également être vérifiées.

Étiquetage, Info-Tri et emballages durables des objets promotionnels

Les obligations d’information sur le tri dépendent du produit et de son emballage. Lorsqu’un emballage ménager relève d’une filière de responsabilité élargie du producteur, des consignes de tri peuvent être requises. Le logo Triman et l’Info-Tri doivent alors être utilisés dans le cadre prévu pour la catégorie concernée. Un sac textile, une boîte en carton et une clé USB ne relèvent pas nécessairement des mêmes règles : le service achats doit vérifier les consignes applicables plutôt que reproduire un visuel trouvé en ligne.

Les produits textiles peuvent relever de règles propres à la filière textile, tandis que les équipements électriques et électroniques sont soumis aux exigences correspondantes, dont le marquage de la poubelle barrée lorsqu’il est applicable. Pour les équipements concernés, les obligations de collecte et de traitement passent par la filière dédiée. L’entreprise qui fait fabriquer ou importer des produits doit déterminer son rôle au regard de la réglementation et de la responsabilité élargie du producteur, au lieu de supposer que le fournisseur prend nécessairement tout en charge.

Intégrer l’Info-Tri sans sacrifier la lisibilité

L’anticipation évite d’apposer à la dernière minute une étiquette disproportionnée ou illisible. Dès la conception, le marketing peut réserver un espace sur l’emballage, coordonner le graphisme avec le fournisseur et vérifier les dimensions et mentions requises. Un emballage groupé peut aussi réduire la quantité de matière utilisée, à condition de rester adapté au transport et à la protection des objets.

Atelier Nova remplace ainsi les sachets individuels de ses carnets par un conditionnement collectif en carton, lorsque la protection nécessaire le permet. Cette décision réduit les emballages superflus et simplifie la gestion au stand. Elle ne dispense pas de vérifier les obligations de tri applicables au carton ni celles qui pourraient concerner le produit lui-même. Les emballages durables ne se résument pas à choisir un matériau présenté comme écologique : la quantité, la recyclabilité réelle et la pertinence du conditionnement comptent également.

Des allégations environnementales qui doivent être prouvées

Les expressions « écologique », « biodégradable » ou « neutre en carbone » ne doivent pas servir de décoration publicitaire. Elles peuvent induire en erreur si elles sont vagues, non démontrées ou sans précision sur le périmètre concerné. Une entreprise qui affirme qu’un goodie est fabriqué à partir de matière recyclée doit pouvoir justifier cette affirmation avec des données fiables et les documents correspondants. De même, une comparaison entre deux produits doit s’appuyer sur des critères explicites.

Une communication plus solide décrit des faits précis : part de matière recyclée documentée, lieu de fabrication vérifié, possibilité de réparation ou consigne de réemploi. Les équipes doivent conserver les justificatifs fournis par les fabricants et contrôler que les formulations marketing n’exagèrent pas leur portée. Une information de tri claire et une promesse environnementale démontrable renforcent la confiance ; une formule imprécise peut au contraire créer un risque de pratique trompeuse.

Goodies écoresponsables : qualité, traçabilité et vigilance des fournisseurs

Un objet promotionnel peut être conforme sur le papier tout en étant peu pertinent s’il se casse rapidement ou reste inutilisé. Le choix des matériaux ne raconte qu’une partie de son impact : la durée d’usage, la réparabilité, les lieux de fabrication, les conditions de transport et les possibilités de fin de vie doivent aussi être examinés. Un produit qualifié de « vert » par son vendeur n’est pas nécessairement un choix plus responsable si cette qualité n’est pas étayée par des éléments vérifiables.

Les équipements électroniques illustrent bien le problème. Une batterie externe bas de gamme qui cesse de fonctionner après quelques semaines est à la fois décevante pour son destinataire et coûteuse à gérer. Si des unités restent en stock ou sont déclarées défectueuses, elles ne peuvent pas être traitées comme de simples déchets ordinaires : les règles applicables aux équipements électriques et électroniques doivent être prises en compte. Un modèle plus fiable, accompagné de garanties et d’informations techniques, peut réduire les retours et prolonger sa durée d’usage.

Atelier Nova compare donc plusieurs critères avant sa commande de gourdes et d’accessoires : solidité, disponibilité de pièces ou de réparations, composition annoncée, pays de fabrication, emballage et preuves du fournisseur. Il ne s’agit pas d’attribuer un score carbone officiel en l’absence de méthode reconnue. L’entreprise peut en revanche utiliser une grille interne transparente, en indiquant les critères retenus et leurs limites.

Contrôler la chaîne d’approvisionnement

Les risques sociaux et éthiques doivent être abordés avec précision. La loi AGEC ne crée pas à elle seule une obligation universelle d’audit social pour chaque goodie. Toutefois, des obligations de vigilance peuvent concerner certaines grandes entreprises, et les règles de prévention de la corruption s’appliquent selon le cadre de l’entreprise et ses activités. À cela s’ajoutent les engagements contractuels et les risques de réputation liés aux conditions de fabrication.

Une démarche d’achat responsable peut prévoir des questionnaires fournisseurs, des clauses sur les conditions de travail et la possibilité de demander des audits ou certifications pertinents. Des référentiels comme SA8000 ou des dispositifs d’évaluation sociale peuvent apporter des indications, sans garantir à eux seuls l’absence de tout risque. Il faut examiner leur portée, leur date de validité et le site de production effectivement couvert. Une déclaration générale du fournisseur ne remplace pas des éléments de preuve adaptés au niveau de risque.

La vigilance concerne aussi les cadeaux d’affaires. La loi Sapin 2 n’établit pas un plafond unique applicable à tous les cadeaux offerts par toutes les entreprises ; les politiques internes des organisations fixent souvent des règles et seuils propres. Un objet de grande valeur peut être refusé par le destinataire ou susciter une alerte. Mieux vaut vérifier les politiques du client et privilégier un présent mesuré, utile et proportionné. La valeur d’un goodie tient davantage à son usage et à la qualité des garanties qu’à son prix ou à son apparence luxueuse.

Réemploi et réduction des déchets : bâtir un plan de conformité pour les campagnes

La conformité ne se construit pas seulement au moment de vérifier un logo ou une facture. Elle gagne à être intégrée au processus complet : définition du besoin, choix du produit, sélection du fournisseur, commande, distribution et gestion des restes. Une campagne bien préparée évite les achats excessifs et rend plus simple le suivi des lots. Pour les opérations récurrentes, l’entreprise peut privilégier des objets conçus pour servir plusieurs fois plutôt que des articles distribués automatiquement à chaque participant.

Dans un salon professionnel, le réemploi peut prendre plusieurs formes. Des badges résistants peuvent être récupérés à la sortie, nettoyés puis utilisés lors de l’événement suivant. Des gobelets réutilisables peuvent fonctionner avec un système de consigne et un point de retour clairement indiqué. Pour rendre le dispositif efficace, il faut déterminer qui collecte les objets, comment les quantités sont suivies et quel prestataire assure le lavage ou le stockage. Une consigne sans organisation logistique risque de rester une bonne intention.

Mettre en place une méthode simple et documentée

Avant l’achat, les équipes peuvent rédiger une fiche de validation qui précise l’usage prévu, la quantité, la catégorie réglementaire, les matériaux, l’emballage, les mentions de tri et les justificatifs attendus. Le contrat fournisseur peut demander des informations exactes sur la composition, la fabrication, les conditionnements et le traitement des produits défectueux. Pour les produits relevant d’une filière spécifique, il convient également de vérifier les obligations de responsabilité élargie du producteur et les modalités de prise en charge.

Voici les contrôles essentiels qu’Atelier Nova applique à chaque nouvelle commande :

  • Confirmer la catégorie du produit et vérifier si une interdiction ou une restriction particulière s’applique.
  • Réduire les quantités au plus près du nombre de destinataires et privilégier les réassorts lorsque c’est possible.
  • Examiner l’emballage pour supprimer le suremballage inutile et vérifier les consignes de tri exigées.
  • Demander des preuves à l’appui des allégations sur la matière recyclée, la provenance ou les performances environnementales.
  • Prévoir le devenir des invendus et organiser leur réemploi, leur don ou leur traitement dans une filière adaptée.
  • Vérifier les politiques cadeaux du destinataire lorsqu’un objet peut être considéré comme un cadeau d’affaires.

Un tableau de suivi permet de rendre ces contrôles opérationnels. Il ne remplace pas une analyse juridique lorsque le produit présente un risque particulier, mais aide les équipes à repérer les points à clarifier avant la mise en production.

Point contrôlé Question à poser Preuve ou action utile
Produit Existe-t-il une interdiction ou une règle propre à sa catégorie ? Fiche produit et vérification réglementaire
Emballage Est-il nécessaire et correctement orienté vers le tri ? Maquette validée et consignes applicables
Durabilité L’objet est-il conçu pour un usage suffisamment long ? Garantie, tests ou spécifications techniques
Invendus Quelle solution est prévue pour les unités restantes ? Procédure de réemploi, de don ou de traitement
Communication Les affirmations environnementales sont-elles démontrées ? Justificatifs fournisseurs et formulations précises

Une campagne responsable n’exige pas nécessairement un objet coûteux ni une technologie complexe. Elle repose surtout sur des besoins réalistes, des achats proportionnés et une fin de vie anticipée. Quand chaque goodie a une utilité définie et un parcours documenté, la réduction des déchets devient un résultat concret plutôt qu’un slogan.

La loi AGEC interdit-elle tous les goodies en plastique ?

Non. La loi AGEC ne prohibe pas indistinctement tous les objets promotionnels en plastique. Des interdictions et restrictions concernent certaines catégories de produits et d’emballages ; il faut vérifier la règle applicable à chaque article et à son usage.

Que faire des goodies invendus depuis 2022 ?

Les invendus non alimentaires concernés ne doivent pas être détruits par défaut. L’entreprise doit rechercher une solution adaptée, telle que le réemploi, le don, la réutilisation ou le recyclage, et conserver une traçabilité des quantités et de leur destination.

Tous les emballages de goodies doivent-ils porter le logo Triman ?

Les obligations d’Info-Tri dépendent notamment de la catégorie du produit et de son emballage ainsi que des règles de la filière concernée. Il faut vérifier les consignes applicables avant d’apposer un logo ou une signalétique.

Comment éviter le greenwashing dans une campagne d’objets promotionnels ?

Utilisez des formulations précises et vérifiables, et conservez les preuves correspondant aux affirmations sur les matériaux, la provenance ou la durabilité. Les termes généraux comme « écologique » ou « neutre en carbone » ne doivent pas être employés sans justification suffisante.